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je l’instruis du motif qui m’amène , et le priede faire appeler mon frère dans son cabinet.Bertaut arrive ; ma présence l’étonne : « Ras-surez-vous , lüi dis-je ; je ne viens point vousfaire des reproches ; je viens vous demanderune grâce : votre fille, dans les bras de la mort,vous conjure, au nom du Dieu de miséricorde,de lui pardonner, de retirer votre malédiction.Voilà la lettre de votre gendre , daignez la lire.
— Je n’ai point de gendre, nr’a-t-il répondudurement en repoussant la lettre. — Mais vousavez une fille ; elle se meurt, vous dis - je. —De fille ! il y a long-temps que je n’ên ai plus.
— Quoi ! vous ne lui pardonnerez pas au mo-ment de sa mort ? — Le ciel la punit de sa dé-sobéissance. — Àh ! si le ciel punit, me suis-jeécriée avec vivacité , tremblez pour vous » !Monsieur Dtiguiés alors a pris la parole, et luia dit : « Ecoute du moins cette lettre , je vaiste la lire. — Il seroit inulile ; je connois tontesces ruses, toutes ces exagérations : mon piquetest commencé, et l’on m’attend. — Oui, alk zjouer, lui ai-je répliqué; votre fille expire, elleest peut-être morte à présent ; il ne vous res-tera plus que d’aller jouer et danser sur satombe ». Ces mots l’ont troublé ; son visage apâli, mais il est resté inflexible : et cet homme