Band 
Tome second.
Seite
335
JPEG-Download
 

( 535 )

ploie sur son front paisible et majestueux ;chaque habitant peut vivre de son travail ; lefaste insolent ne foule pas lindigence à sespieds ; les impôts naspirent pas la sueurdu citoyen honnête et laborieux, pour engrais-ser les intrigans , les oisifs et. les valets des gou-vernans ; le pauvre ne rougit pas de sa pau-vreté devant le riche ; légalité de fortune etde rang, ce roman politique des grands empires,distribue les jouissances en portions égales;cette égalité et le travail entretiennent lesmoeurs, lattachement réciproque des époux,le respect filial, et la bienveillance généraledes uns pour les autres. Voila , mylord, ce quinexiste ni à Londres , ni à Paris . Dans cesvilles, lhumanité y est dégradée, la cupidité,y allume tous les vices, les trois quarts deshommes y sont malheureux : je fais abstractionde ceux quassiègent la misère et la faim ; maisje soutiens que celui même qui jouit de la mé-diocrité est mécontent de son sort. Ses désirssont sans cesse irrités par les jouissances et lesprétendues délices des fortunés du siècle : ilcompare sa table frugale et son vin communaux vins, aux mets exquis des festins des Api-cius : en regardant leurs superbes hôtels, il setrouve à létroit dans son réduit modeste, Sil