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chant, qu’il ne peut sortir que d’un beau corps ».Son parent prétend que cette fille se trompe:très-rarement sur la figure de ceux qu’elle en-tend, et qu’elle aime ou hait, suivant que lavoix de la personne qui lui parle , flatte ouchoque son oreille.
Nous reprîmes notre roule, après trois heu-res de repos, et, au déclin du jour, nous entrâ-mes dans la vallée du Kandel-Streig, et nousdescendîmes chez Pierre, le philosophe auber-giste. Nous fûmes accueillis comme Ulysse chezAlcinoiis. Il nous présenta ses trois enfans et safemme, beauté défleurie par sept lustres et lehâle des étés, mais parée encore de sa simplicité,de sa modestie, et d’un reste de beauté. Le petitPierre, âgé de dix ans, paroissoittout honteuxde sa jolie figure. En arrivant, chaigés de fati-gue, nous demandâmes à souper, et, de la table,nous tombâmes dans les bras de Morphée.
Le lendemain, quand le soleil argentoit àpeine le sommet des montagnes, nous allâmesnous promener dans la vallée, après avoircommandé notre dîner â l’heure des Romainseu des Anglais , ce qui n’est pas l’usage de laSuisse , où ce repas se fait d’abord après midi.Notre promenade fut très-agréable. Cette valléerenferme les plus beaux pâturages : c’est une