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que habitant peut vivre en vrai reclus. Leurnombre n’excède pas cinq cents; leur territoirene s’étend pas au - delà de deux cent cinquanteacres : une rivière, une montagne couverte deforêts, un étang le circonscrivent et marquentses limites. L’aimable Betsy m’expliquoit toutcela avec une douceur et une complaisance quime ravissoient. A midi, nous revînmes pourdîner. Sir Patrick se mit en frais pour moi : ilcouvrit sa table de deux plats de légumes, d’unfromage, et d’une assiette de pommes. Il medit qu’il voudroit pouvoir me donner un fes-tin comme celui que Joseph donna en Egypte à scs frères, lorsqu’ils lui amenèrent son frèreBenjamin ; mais qu’il croiroit blesser sa religionet sa conscience , s’il répandoit le sang du pluschétif animal. Je lui répondis que, dans mesvoyages, je cherchois des consolations, et nondes festins. — Je vous dirai avec Job : L’homme,aè de la femme , vit très-peu de temps , et ilest rempli de beaucoup de misères. Dieu , sansdoute, veut vous éprouver, comme il éprouvajadis ce saint patriarche : il vit son corps cou-vert d’une lèpre épouvantable, et il perdit àla fois ses biens et ses enfans, écrasés sous lesruines d’une maison , pendant qu’ils étoient àtable. Mais veuillez me raconter vos malheurs ;