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s’étendant l’espace de deux milles, et s’alon-geant dans les nues. Nous vîmes ensuite, dansl’enfoncement des glaciers, la large bouche du: Rliône, dont ce fleuve sort avec fracas : sesornemens sont des roches énormes, des débrisde montagnes entassés. Dans ce séjour horrible,nous trouvâmes des bergers qui y vivent avec•leurs troupeaux pendant cinq semaines de l’été.-Ils jouissent d’une petite prairie semée dequantité de fleurs qui exhalent le parfum leplus suave, et dont les couleurs sont plus vives-que-colles de la plaine. L’oreille-d’ours, le ser-polet, le thym sont si riches en -essence, qu’eules agitant on imprègne l’air d’odeurs délicieu-ses. Ces bergers nous dirent qu’il existoit au-dessus du glacier une vallée immense, d’oùdescendoient les glaces qui étoient devant nous.Mvlord et moi résolûmes d’y monter, et delaisser Blanche avec un domestique au milieu-de ces bergers : un d’eux nous servit de guide.Nous gravîmes à travers des rechers et desbruyères; bientôt nous ne trouvâmes qu’unemousse rase et glissante. Nous rampions surnos mains; et souvent, dans une minute, nous•perdions en reculant le chemin qui nous enr voit coûté dix. Nous étions l’image des ambi-tieux. En montant, nos regards s’arrêloieut