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yeux. Le cours sinueux du Rhône , la diversitédes couleurs et des paysages, formoient destableaux pleins d’intérêt et de charme ; mais ladécoration alloit changer. En avançant, nousentrions dans le sein d’une nature sauvage,nue, hérissée de rochers menaçans et de neigeséternelles. Nouvelle sensation, nouveau plaisir.Nous montions par un sentier taillé dans leroc , ayant le fleuve à notre droite , et despins et des rochers qui sembloient vouloirnous écraser.
Cette élévation paroît être le centre du mou-vement. Le bruit terrible de l’eau, l’agitationde l’air, les pins brisés et renversés, les tor-rens, les cascades , tout étonne et attache l’i-magination. Bientôt le fleuve disparut, ense-veli sous des amas de neiges qui résistent auxsoleils des étés. Enfin, parvenus au dernieréchelon, nous aperçûmes à travers les arbresun mont de glaces éclatantes, d’une lumièreégale à celle du jour ; c’étoit le premier glacierdu Rhône . Bientôt une vaste forêt de pins ledéroba à nosyeux. Ensuite il reparut entre deuxblocs de rochers prodigieux, qui formoientune espèce de portique. Nous l’atteignîmes aveceffort ; mais qu’on est dédommagé ! Figurez-vous un échafaudage de glaces éblouissantes,