Lavallée d’Urserina six lieueâ de longueur,sur une de largeur; elle est toute en pâturages.On ne voit dans cette étendue qu’un seul boisau-dessus d’Andermat, clief-lieudu canton : cebois sert de rempart contre les avalanches; aussiil est défendu d’en couper un seul arbre souspeine de mort.
Deux rivières se promènent dans cette vallée,se réunissent au - dessus de l’hôpital, vontpasser sous le pont du.Diable, et se jeter dansle lac d’Altorf . Ces montagnes sont nues, chau-ves et arides ; le printemps n’y sourit ja-mais , l’automne y prend la face de l’hiver,l’été n’y dure que trois mois. Cependant ce lieusauvage est habité par un peuple nombreux :réuni dans les villages , il jouit d’une douceaisance; il a même assez de superflu pour do-rer les clochers de ses églises. Les maisonssont bâties en bois, importé de la distance dedeux lieues. Les liabitans se chauffent avec desbruyères. On prétend que cette vallée est laplus élevée de celle où les hommes puissentexister ; monsieur Cassini lui donne quairenulle six cent onze pieds au-dessus du niveaude la mer.
Le caractère de ces montagnards est franc,généreux et humain ; leurs moeurs sont pures