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rochers, et de précipices en précipices. Dèsque nous l’eûmes traversée, une vaste perspec-tive s’ouvrit devant nous : c’est le lieu le plusélevé du passage du Saint-Gothard . La plaine,d’uno lieue de longueur, sur une de largeur, estentrecoupée de sept lacs , dominée par d’im-menses sommets revêtus de frimats éternels.La Reusse sort du lac Lucendro ; il est geléneuf à dix mois de l’année, et le poisson nepeut y vivre. Les sommets de ces hautes mon-tagnes sont réfléchis sur les eaux, le soleil lesargente, leurs bases viennent s’y baigner, grandnombre de torrens s’y précipitent, et l’extré-mité du lac est parée d’une verdure riante. Pourarriver à la maison des capucins, nous passâmesentre les six autres lacs qui donnent naissanceau Tessin : ainsi le sommet du Petina, c’est lenom de cette montagne, est le père nourricierdes fleuves, le Rhin , le Rhône et l’Eridan.
Eridanus quo non alius per pinguia culla,
In mare purpureum violentior eflluit amnis.
Ainsi que nous dit mylord, doué d’une bellemémoire. Les réservoirs de ces fleuves étoientà notre gauche parmi des amas de rochers et deglaces. Au reste, ma chère tante, je vous abré-gerai la route du Saint-Gothard j tous les voya-