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Tome troisieme.
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geurs en Suisse en ont fait la description. Jeme bornerai à vous faire reposer avec nous dansl’hospice destiné à recevoir les voyageurs, gardépar deux capucins italiens : heureusement l’und’eux étoit absent, et Blanche et moi occupâ-mes sa cellule. A notre arrivée, nous deman-dâmes du feu -, car, quoique le soleil fût encoredans la constellation du Grand-Chien 1 , nousétions à demi-gelés. L’hiver a posé son trônesur ses montagnes ; rien n’y vit, n’y végète :lorsque le vent est impétueux, il y gémit d’unemanière lugubre contre la pointe des rochers.Les malheureux capucins sont pendant neufmois de l’année, ensevelis dans les neiges, quisouvent, dans une nuit, s’élèvent à la hauteurde leurs toits ; alors ils sont obligés de se frayerun passage par les fenêtres supérieures : cetteneige commence à tomber vers la fin de sep-tembre. Notre hôte nous servit un dîner de ber-nardins : des truites excellentes, pêchées dansles lacs voisins, un dessert composé d’un beurredélicieux et d’un très-bon fromage, pétri dans

1 Les Romains redoutoient tellement les influencesmalignes de la canicule, que, pour les détourner, ils luisacrifioient Un chien roux, sans doute à cause du nom.Les mythologues disent que ce chien étoit celui deProcris, ou la chienne d’Erigoue.