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Tome troisieme.
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ce triste désert, dont les pâturages sont excel-lons. Mylord demanda au capucin comment ilsfaisoient dans l’hiver pour avoir du pain ; siun corbeau leur en apportoit, comme jadis àsaint Paul dans la Thébaïde? — Nous ne som-mes pas assez méritans devant Dieu , pour ob-tenir une telle faveur. — Je crois au contraireque vous méritez davantage, car vous êtes plusutiles aux hommes ».

Le sommet du Saint-Gothard est une plate-forme de granit nu ; on y jouit d’un horizonvaste et imposant. Nous voyions sous nos piedsdes nuages dont la variété étonne ; ils recèlent latempête dans leurs flancs 5 on les voit se prome-ner de vallée en vallée, tandis que la sérénitérègne sur la montagne. Leur marche rapide,leurs courans, leurs tourbillons ont des effetsbien différens de ce qu’on voit dans la plaine.

A l’orieut de Saint-Gothard commence unassemblage de monts forts élevés, connus sousle nom générique du Mont-Adula. Leurs inter-valles forment autant de vallées de glaces im-menses et de précipices effroyables ; l’hommene peut y pénétrer: le* chamois même s’enéloigne, et le soleil semble craindre d’éclairerdes lieux si horribles. De la partie la plusélevée de ces monts inaccessibles s’échappent