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Tome troisieme.
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( ï°4 )

Chacun de nous revoit, bâtissoit ses châteaux,lorsque , tout-à-coup, nous fûmes éveillés parles chants de trois jeunes filles, qui chantoientd’antiques couplets : le son de la cornemuse etde la musette s’unissoit à leurs voix. Ce char-mant concert, au commencement de la nuit,au milieu de la solitude et du silence de la na-ture , nous causa une émotion plus vive, plustouchante , que le plus beau morceau de mu-sique de l’Opéra de Paris. Nous prêtâmes uneoreille attentive : les chants cessoient par inter-valle , et recommençoient bientôt sur la mêmemesure. Nous nous approchâmes de ces sirènesdes montagnes i elles étoient entourées d’hom-mes de tous les âges. Nous fûmes accueillisavec cordialité j nous priâmes les chanteusesde recommencer leurs chansons, ce qu’ellesfirent de très - bonne grâce. Ce concert étoitd’usage dans les beaux jours de l’été, et s’exé-eutoit toujours à la même heure et au mêmelieu : il duroit jusqu’à l’heure de leur sommeil raprès quoi chacun regagnoit sa demeure.

Le petit pays d’Appenzell offre une massed’énormes collines et de montagnes qui s’é-lèvent en amphithéâtre. Son climat est froid ettrès-variable ; mais l’été ce canton devient lavallée de Tempé, par la fraîcheur de ses eaux,