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La richesse de ce canton est le produit deson bétail, de son lait, beurre, fromage, dela filature du lin et du coton, de l’exploitationdu salpêtre, qui est une branche considérablede son commerce. Les étable sont bâties surdes billots de bois de deux pieds de hauteur.Sous cette étable on pratique une fosse quel’on remplit d’une terre graveleuse qui, con-tinuellement imprégnée de l’urine des bestiaux,et exposée à l’air libre, se trouve, au bout dedeux ans, suffisamment chargée de nitre pourêtre lessivée avec succès.
C’est dans ces cantons agrestes que nos po-litiques, nos législateurs devroient étudier l’artde rendre les hommes heureux. C’est ici quel’on prend en pitié la folie de ces ambitieuxqui n’aspirent qu’à reculer les bornes d’un em-pire. Insensés! plus votre empire est vaste,plus mal il est gouverné, moins les citoyensse chérissent, moins il y a de patrie, plus lesfortunes sont inégales, les moeurs corrompues,les orages l’réquens, l’avarice, la cupidité en-flammées , et l’oisiveté et le vice en honneur.
Parlons, en finissant, de deux vertus qui ca-ractérisent la Suisse : la bienfaisance et l’huma-nité. Deux causes peuvent leur inspirer cesvertus : la sécurité d’une nourriture abondante*