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Les Appenzelois ont un caractère franc,honnête, un sens droit, un esprit vifet prompten réparties. L’un deux fit rougir Blanche, etl’embarrassa beaucoup ; il la tutoyoit : c’estleur usage avec les étrangers. Les distinctionsde rang, les idées de supériorité les révoltent.Les hommes s’exercent à la lutte, à la course,à lancer des pierres pesantes : ils jouent d’uneespèce de luth et du cor des Alpes .
Ce pays est le berceau de cette musique al-pestre, appelée le ranz des Suisses . A table, ilssaluent avant de boire et après avoir bu, etilsrestent latêtèdécouverte pendant qu’ils boivent,ainsi que celui qui est salué. Ce peuple est cha-ritable etpieux : nous avons vu souvent sur notrechemin, des Appenzelois qui récitoient en com-mun des prières ou le chapelet. La prière précèdotoujours le repas. A Y Angélus , tous prient,quelques-uns fléchissent les genoux. A la portede chaque maison on trouve un bénitier, oùles passans prennent de l’eau-bénite. Un beauvieillard, orné cl’une longue barbe, nous as-sura qu’il existoit, à une lieue d’Appenzell ,une fontaine dédiée à saint Jacques , dontl’eau bouillonne le jour de la fête du saint.Nous lui laissâmes une erreur qui lui étoitchère*