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s’avança avec deux vaisseaux jusqu’au 63 ° de-gré 20 minutes. Arrêté par les glaces au 7 sep-tembre , il fut obligé de passer l’hiver dans unport qu’il rencontra, à l’emboucliure d’unerivière parsemée de rochers. Il descendit àterre, et s’enfonça de trois ou quatre lieuesdans le pays, pour le reconnoître. Il trouva destraces d’hommes, mais il n’en vit aucun ; ce quilui fit présumer que les habitans s’étoient re-tirés à l’approche de l’hiver , et qu’ils 11’avoientpoint de demeure fixe. Il rapporta seulementde cette course beaucoup de gibier, dont il fitune ample provision pourl’hiver, qu’il se déter-mina à passer dans ce lien sauvage. Il y éprouvales rigueurs les plus affreuses ; toutes les li-queurs, l’eau-de-vie même, se gelèrent entiè-rement , et brisèrent les tonneaux : les mala-dies, et sur-tout le scorbut, se mirent dans leséquipages des vaisseaux , dont l’un étoit dequarante-huit hommes, l’autre de seize. Dé-nués de tout secours , la mort les frappa suc-cessivement presque tous. Au mois de mai,les survivans sentirent augmenter leurs dou-leurs; la disette se joignit à tant de maux; les.forces manquoient aux plus résolus pour tuerles animaux qui se présentoient. Munck lui-même étoit seul dans sa hutte, si accablé qu’il.