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l’uniformité d’une plaine immense. Quels ta-bleaux pour un peintre, ou pour les enlansd’Apollon !
« Sur le sommet du Saint-Gothard , dit l’im-mortel Haller, quand les premiers rayons dusoleil dorent les pointes de ces rochers, etqu’un de ses regards dissipe les brouillards , ondécouvre le spectacle le plus superbe de la na-ture. A travers les vapeurs d’un nuage léger,l’œil embrasse le vaste tableau de plusieurspeuples , le mélange ravissant de montagnes,de lacs, de rochers. Une montagne chauve re-vêt ses précipices d’une glace éternelle , qui,semblable au cristal, renvoie les rayons dusoleil ; la chaleur brûlante de la canicule faitde vains efforts contr’elle, Une autre se couvrede pâturages abondans; sa pente insensiblebrille par l’éclat des blés qui mûrissent, etses coteaux sont couverts de mille troupeaux,— Là, une montagne escarpée est taillée enprécipices aussi rapides que des murs : un tor--rent y passe avec fureur entre les rochers;une chute suit l’autre chute ; ses flots irri-tés s’élancent avec une force impétueuse ; l’eause disperse, un arc - en - ciel brille à traversses gouttes légères, et la vallée s’abreuve d’unejpsée continuelle. Le voyageur voit avec sur-*