{ 152 3 )
prise des rivières qui, sortant des nues, for-ment elles-mêmes des nuages et coulent dansles airs. Ce sont ces monts qui produisent lesrivières, par les eaux réunies des glaces liqué-fiées , des neiges fondues, et des pluies queversent les nuages. Les glaces empêchent l’é-vaporation des parties aqueuses que ces montsrenferment ; il s’élève de leur sein des exha-laisons chaudes qui fondent le dessous des gla-ces, et y forment d’inépuisables réservoirs.Ces Alpes , ces glaciers réparent pour nous etpour l’Europe entière , ce que des temps tropsecs et trop chauds enlèvent, par l’évapora-tion, aux besoins de la végétation et de la vie ».
Monsieur Haller, après avoir fait l’énumé-ration des bienfaits de la nature dont jouissentles montagnards, loué la sage modération quiempêche les Suisses de creuser les mines quirenferment des métaux. « Les eaux, dit-il,roulent un sable d’or : le berger voit ces trésorsà ses pieds, et les laisse couler ; l’agriculteursensé et laborieux. trouve des richesses suffi-santes dans le champ qu’il cultive. Enfin, s’é-crie-t-il, c’est à nos Alpes que nous devons lasanté, le plus précieux de tous les biens. L’airy est sans cesse agité ; le soleil y attire moinsde vapeurs que dans les vallées j des courans