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Mais nous fûmes surpris agréablement parl’aspect de quelques êtres vivans. Nos guidesnous dirent que c’étoient des bouquetins : nousles voyions plutôt voler que marchel'; dansleur vélocité, nous les perdions atout momentde vue. Us s’élançoient de rochers en rochers,franchissoient les espaces avec la rapidité d’unepierre lancée avec force. Us étoient au nombrede cinq; ils montoieiït une côte de neige si ra-pide, qu’il nous paroissoit impossible de pou-voir s’y soutenir.
Ces animaux, plus rares que les chamois,sont beaucoup plus agiles : ils fréquentent lessommets des Alpes les plus élevés; ils se nour- 1rissent de genepi, de carline et d’autres plantesprécieuses, qui naissent dans les fentes desrochers. Us s’engraissent l’été; mais l’hiver,pour tout aliment, ils sont réduits à lécher lesrochers ; aussi ils tombent dans une maigreurpitoyable, sur-tout lorsque la fonte des neigestarde quelque temps. Leur bois est long etépais, il est noueux ; leur sang est d’une naturesi ardente, que les habiîans de ces contrées,très-sujets aux pleurésies, en prennent quel-ques goûtes délayées dans l’eau, comme le spé-cifique le plus actif contre ce genre de maladie .■ils le conservent dans des vessies,