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Tome troisieme.
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plaisirs. Le chemin est bordé de cerisiers et dechâtaigniers : le cliou y déploie sa feuille , lesarrasin y élève sa tige , et le cep de la vigneserpente sur des tours antiques. Tout cet en-semble offre l’aspect d’un jardin vaste et magni-fique. Mylord, frappé de la sublimité de ce ta-bleau , disoit qu’il se garderoit bien de fairejamais un jardin anglais dans ses terres ; quelorsqu’il envoudroit voir, il viendrait en Suisse ,où la grande main de la nature faisoit paraîtrel’art si petit, si mesquin dans ses compositions.

Les maisons de la vallée, spacieuses et bienbâties , sont au milieu d’agréables vergers. Desjeunes gens coupoient le foin, et de jeunes filles,en chantant, l’entassoient en meules avec desrateaux et des fourches. Ces dryades ou orèa-des nous regardoient, sourioient ; enfin plu-sieurs s’avancèrent pour nous présenter desfruits. Nous les acceptâmes avec d’autant plusde plaisir , que leur physionomie exprimoitcelui qu’elles ressentoient en nous les offrant.

Nous logeâmes au village de Meringen, chef-lieu du pays. La description de la vallée d’Haslymériterait les craybns de Jean-Jacques pour lasingularité de son matériel, du langage et desmœurs de ses habitans. Elle est renfermée entreplusieurs glaciers et des montagnes très-élevées.