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Tome troisieme.
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( aoB )

pain, Tels sont constamment les repas de tousles jours , et en général, la nourriture des mon-*taguards suisses ; ils ont en dédommagement lagaieté et la santé. J’ai remarqué qu’ils avoientla vue beaucoup plus étendue que nous : ils aper-çurent , à la distance de cinq lieues , des cha-mois que nous ne pûmes distinguer qu’avec noslunettes. Les sauvages ont aussi les yeux plusperçans que les Européens.

Après deux heures de repos , nous entrâmesdans une gorge sauvage, au fond de laquelleroule le ruisseau du Keikbanbut, très-considé-rable dans l’été : il est grossi par nombre decascades et couronné de bois magnifiques. Noustrouvâmes un autre chalet, occupé par d’autresbergers beaucoup plus instruits que ceux quenous venions de quitter : nous aperçûmes deslivres parmi leurs ameublemens.

En continuant à descendre , nous arrivâmesau bord de la vallée du Hasly, lorsque le soleilla doroit encore de ses rayons mourans. La soi-rée étoit délicieuse j nous étions en pleine jouis-sance. La beauté du ciel , la fraîcheur de l’air,l’aspect des campagnes bien dessinées, des cas-cades nombreuses qui se précipitent dans l’Aar ,des prairies, des bosquets et des vergers char-mans 3 tout excitoit notre admiration 'et nos