Band 
Tome troisieme.
Seite
344
JPEG-Download
 

( 544 )

et d’étain , et fit porter l’autre chez sa maî-tresse.Elles passèrent la journée à remplir lamalle du linge le plus précieux et des plusbelles-pièccsd’argenterie. Après quoi, lorsque l’obscu-rité favorisa sa marche, Julie éloigna tous lesyeux inutiles, et fit entrer un porte-faix aposté rqui chargea aussitôt la malle sur ses épaules*Mais au lieu de le mener en droite ligue chez lenotaire elle courut chez madame de Saint-Omer , où elle étoit attendue, y laissa sa malle,fit enlever celle qui étoit pleine de vils effets,et alla la déposer chez le notaire, qui déclaradans un reçu , avoir chez lui une malle faite detelle et telle façon, appartenant à madameBerlaut , qui, enchantée de Julie et de sonadresse , la combla d’éloges et de rcmercî-mens.

Cependant cette femme avide et méfiante nedormoit pas encore d’un sommeil bien tran-quille 5 sa tête travailloit sans cesse pour trou-ver les moyens d’écarter les orages qui pour-voient renverser l’édifice qu’elle avoit élevé avectant de peine. Son notaire étoit son complice ,son confident, et la chronique ajoute sonamant. Elle lui écrivit une lettre que Julie futchargée de lui porter. C’est ici où se déployale génie de cette fille adroite. Elle se doutoii