( 546 )
parent n’approche rie la maison ; toutes les is-sues sont fermées, gardées à vue. Les portesde Denis le tyran n’étoient pas mieux surveil-lées. Les enfans sont toujours en Suisse : je nedoute pas de la mauvaise volonté et des efforts dela soeur et de toute cette race de Bertaut pourdétruire mon ouvrage;mais, aidée de votre gé-nie et de votre expérience, nous triompheronset braverons ces clameurs. Je n’ai pas besoind’assurer l’ami de mon cœur que ma fortunesera la sienne. J’ai déjà mis de côté le beau soli-taire de monsieur Bertaut, estimé deux milleécus; il sera placé à votre doigt, dès que Ber-taut aura fermé les yeux. J’espère que vous leporterez pour l’amour de moi. Venez voir lemalade pour le confirmer dans ses résolutions ,et tâcher de pénétrer s’il n’auroit pas quelquearrière-pensée. Adieu, mon cher et digne ami;le jour heureux viendra j’espère.... Je n’en dispas davantage ».
Je portai cette lettre au père Anselme, avecprière de saisir un moment opportun pour lafaire lire à son pénitent. Ce bon religieux, plusoccupé de son ministère et de Dieu que des in-trigues et des manœuvres des hommes, ne pou-voit croire à tant de méchanceté et de perfidie.Il se rendit chez son malade, et, après quelques