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tinée, qui dure ordinairement jusqu’à une heure oudeux après-midi, les vapeurs commencent à s’élever , àse condenser en nuagesquiforment bientôt des orages;alors tout l’horizon paroît embrasé du feu des éclairs ;le tonnerre retentit avec un terrible fracas, des tor-rens d’eau se précipitent du ciel, et inondent la ville :ce désordre des élémens dure ordinairement jusqu’aucoucher du soleil ; alors l’air s’épure et reprend sa séré-nité. Parfois pourLant la pluie dure toute la matinée etsouvent trois ou quatre jours de suite. Quelquefois aussile beau temps règne Sans interruption pendant plusieursjours. Ce désordre apparent est la principale cause dola salubrité de l’air et de la fertilité des terres. Le baro-mètre y descend à vingt pouces une ligne, et ses plusgrandes variations sont d’une ligne et un quart parjour, et ce sont régulièrement à des heures fixes.
( g ) On peut comparer l’hiver du mont Saint-Bernardavec celui de Tornéo dans la Laponie , qui est au 66”degré de latitude nord. On lit dans les Mémoires destrois académiciens qui y passèrent l’hiver de , quele premier janvier le thermomètre de 20 degrés des-cendit à 22 au-dessous de la congellalion ; le 2 au ma-tin, il étoit à 28 , le soir du même jour à 3 t etL Le (ïau malin il étoit à 33 , et le soir du même jour à 37. L’airextérieur étoit tellement froid, que lorsqu’on ouvroitla porte d’une chambre chaude, la vapeur qui y étoitrépandue se convertissoit en neige ; et l’action du froid,si l’on sortoit, sembloit déchirer la poitrine. Ce terriblehiver commence ordinairement à l’equinoxe d’au-tomne. Les hommes dispersés dans cçs contrées sau-vages
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