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celles qu’on peut soutenir en thèse ou en prix, oufaire prédominer par les secours de l’éloquence etde l’érudition, ou par le fatal empire des circons-tances- c’est moins encore par les lois que par unsentiment religieux qu’elles peuvent se décider,puisqu’en définitive, il s’agit moins de nous que dela postérité.
Sur un tel sujet, je pourrais, avec un grandavantage, remonter aux temps les plus anciens etles plus renommés de la civilisation : rappelerles empires les plus fameux et les métropolesles plus florissantes de l’Asie, de la Phénicie,de la Perse et de la Grèce qui se sont prompte-ment effacés et anéantis, alors que les conquéransse sont adonnés , pour éclairer leurs marches deguerres, à faire abattre, détruire ou brûler, non-seulement tous les édifices des pays vaincus ou sou-mis, mais encore tous les massifs des grands végétauxqui abritoient les montagnes, les vallées et les plai-nes j quand la hache du guerrier ne pouvoitconsommer la destruction, la turbe, ou la solda-tesque esclave, partout plus nombreuse et plusterrible que les corps d’armées, semblable auxsauterelles du désert, laissoit le sol sans arbres,sans buissons et sans verdure -, les sources d’eaudouce meme n’étoient pas épargnées.
Cléomène, roi de Lacédémone, du parti de Darius,pour mieux faire manoeuvrer sa cavalerie, fit abattre