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tous les arbres et détruire tous les vergers qui en-touraient Athènes- et c’est ce que les historiensont nommé un stratagème.
Xercès, Darius, Alexandre, dans leurs trop lon-gues et fameuses luttes, exercées sur plusieurs mil-lions de lieues carrées, et dans les pays les plusbeaux et les plus riches de la terre, de l’aveu detous leurs historiens ont, à l’envi, fait abattre ouincendier, depuis lePont-Euxin,les Pyles de Syrieet la Chaldée, jusqu’à la mer Caspienne, à la Ge-drosie et à la Bactriane, tous les arbres et massifsqui pouvoient, ou faire craindre des embûches,ou ralentir la marche du vainqueur.
Alexandre que la renommée a fait si grand etla sainte vérité, si barbare -, Alexandre, pour le-quel brûle toujours un fol encens, voulant rentrerdans la Grèce avec une flotte triomphale, ordonnade couper à des distances immenses tous les plusbeaux arbres qui couronnoient les monts et quibordoient les fleuves.
Il n’est pas meme de tyrans qui n’aient voulusinger les conquérans ■ ainsi Denys, dans le mani-feste de son courroux contre les Locriens, leurdéclara que leurs cigales ne chanteraient plus qu’àterre, et il ne resta pas un seul arbre debout surleur sol.
La Syrie étoit déjà presque un désert au tempsd’Alexandre -, car le règne des exterminations l’a-