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pour la marine, pour les édifices et pour toutesles spéculations du commerce et de l’indus-trie.
Ces besoins de première nécessité n’ont pas ex-cité davantage les divers chefs des nations à faireconserver des bois, même pour leurs guerres; ilsemble au contraire que tous, vice-gérens du géniedu mal sur la terre, avaient fait vœu d’agrandiret de multiplier les déserts; aussi, les monts duLiban et du Taygette sont restés chauves ; le Cé-phise et le Jourdain ne sont que des torrens, etle Caïque et le Méandre ne sont que d’affreuxmarais.
Je viens de faire ici en meme temps le tableaudes côtes d’Afrique, où furent Cyrène et Carthage ;j’ai commencé celui d’une partie de l’Italie et del’Espagne, et je vais faire tous mes efforts pour pré-server la France d’une pareille destinée.
César est le premier qui dans les Gaules a osélever la cognée sur les bois sacrés, et il faut quecette action ait fait une grande impression , carles ressouvenirs de siècle en siècle en sont arrivésjusqu’à nous. César au moins ne s’occupa d’a-battre les forets que dans les circonstances de laguerre, ce qu’il fit à Marseille et autour d’Alise ;mais Tibère en fit un ordre général : il avoit apprisque les arbres étoient chers aux Gaulois. Presquetous les autres empereurs, au surplus, se sont ap-