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ï Je ne compare pas sans doute le duc d’Orléansau grand Henri; mais si je fais l’application duprécepte que je viens d’indiquer , je juge, d’aprèstous les actes publics du régent, qu’il étoit dignede régir le royaume, et qu’il est plus que tempsde cesser, sur la foi de nos devanciers, de le signalercomme un prince incapable , épicurien ou dé-bauché ; je vais, au surplus, en donner des preuvesselon la justice et la vérité.
Les seigneurs et le clergé avoient trouvé lesmoyens, après la mort de Colbert , de se fairedonner ou de s’emparer d’une grande masse debois et forêts du domaine ; ils se hâtaient les uns etles autres de les exploiter sans retour pour l’avenir;le régent en fut informé, et, malgré tous les effortset toutes les intrigues, il fit rendre, en 1719,101édit solennel et vigoureux pour faire rentrer dansle domaine tous les bois qui en étaient sortis,depuis des époques déterminées.
Le préambule de cet édit est digne de l’ordon-nance de 1669. il porte :
« La conservation des bois du royaume devient« importante de plus en plus; d’autant que les« seigneurs particuliers, ayant été engagés par la« nécessité des temps, à couper leur bois, il y a« très-peu de forêts subsistantes, outre celles qui« appartiennentà Sa Majesté et aux communautés ;v Sa Majesté a jugé qu’elle ne pourroit trouver un