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abandonnée à discrétion , et de laquelle ils ontfait ressortir, selon les foyers qui les écliauffoient,des couleurs quelquefois neuves et brillantes, maispresque toutes fausses et mensongères.
Ne s’élevera-t-il donc point parmi nous un nou-veau Quintilien qui, traçant les règles et les devoir»pour écrire l’iiistoire, fera décréter dans notreParnasse, que les écrivains qui voudront écrirecelle des princes, ne prendront désormais pourbase et pour guides que leurs actes publics.
Notre histoire moderne propre nous offre ungrand exemple de la sagesse et de l’utilité duprécepte qu’on invoque ici -, Henri le Béarnais, quiavoit voulu donner la paix universelle à l’Europe,la tolérance des cultes à sa patrie, et la poule au potà chacun de ses Francs, n’est-il pas resté pendantprès d’un siècle à l’index des réprobations politi-ques , religieuses et morales ? n’y a-t-il pas eu desécrits publics qui, sous ces rapports, ont accabléet dénigré sa mémoire? n’est-ce pas Voltaire, auquelon en veut tant aujourd’hui, qui, couvrant demépris et de ridicules toutes les prétendues mé-créances et immoralités a, [par sa Henriade, faitsortir le bon Henri des limbes ennemies, où on letenoit caché, et où il étoit impossible, au peupledu moins, de le voir et de le contempler dans toutel’étendue de sa bonté et de ses grandes vertusroyales.