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et dès-lors je n’hésite point à redire que de telsétablissemens, comme asiles de paix, de silence etde tranquillité, modifiés toutefois selon les opi-nions , les lois et les moeurs du siècle , manquentà notre sociabilité et surtout à notre religion.
Quoiqu’il en soit, si les Chartreux eussent sur-vécu , nous aurions encore de belles et superbesforêts ; cet ordre, d’ailleurs, a constamment bienmérité de l’agriculture par ses travaux et par desinventions utiles • nous donnerons tous nos soinsà les bien faire connoître dans l’histoire de l’agri-culture, car nul autre ordre monastique, n’a plusde droits à la reconnoissance publique; toutes leursmaisons, en effet, même à Paris , étaient autantd’écoles d’agriculture, de physique végétale, et del’art bien raisonné de conduire une pépinière, unverger et un jardin ; ils sont, en outre, les inven-teurs de plusieurs instrumens et ustensiles d’unepratique usuelle, et qui portent encore leur nom.
La Charte Normande qui, en i3i5, avoit spé-cifié quels étaient les bois vifs et les mort-bois,n’avoit pu avoir d’influence dans toutes les maî-trises du Royaume ; les coutumes avoient conservédes désignations contraires ; et dans les langues oupatois, on donnoit des noms différons à la mêmeespèce d’arbres, de sorte que des usagers et desconcessionnaires, se croyoient fondés en droitd’aller exploiter leurs bois et forêts. Pour obvier