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la trop fatale preuve dans la carte de Cassini ; c’est «là que se manifeste plus que dans tous les livres,l’immense changement que le sol de la France asubi dans le court espace d’un siècle; voilà le livreaccusateur de notre indifférence et de notre igno-rance , dans le siècle meme des lumières ; c’est à celivre seul, que sans système, sans tribune et sansphrases, on peut livrer toute entière la question, des eaux et forets.
Cassini a figuré sur sa carte tous les bois etboquetaux, tous les étangs, viviers et fontaines ;il n’a pas meme négligé des arbres isolés , desplantations et des croix qui faisoient des limites oudes points de reconnoissance ; qu’on prenne à lamain des plans linéaires, d’états de sections pourl’impôt foncier, sur lesquels seulement, on auraconfiguré les bois et les eaux encore existons, qu’onles compare à ceux qui se trouvoient alors sur lesol de la France ; et ce calque fatal inspirera sûre-ment à tout vrai Français, un salutaire effroi.
A ce sujet, je citerai un fait dont j’ai une con-noissance personnelle ; dans la première invasion,les officiers supérieurs, ennemis, mettoient ungrand prix à posséder les feuilles de la carte deCassini ; quelques-uns même en ont fait l’objet deleurs réquisitions de guerre, afin de bien connoîtreles lieux, où ils auroient à se diriger ; l’un d’eux,en Bourgogne, reçoit un ordre; il consulte sa