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artificielles, et que les consommations qu’elles of-frent aux bestiaux ; car la consommation de lapaille, comme fourrage, est récente et locale,-mais,que les hommes du pouvoir, y fassent bien atten-tion : une telle agriculture est ainsi presque touteindustrielle, et si le cours de l’industrie malheureu-sement vient à s’interrompre ou à languir, par descausestrop communes dans lefoyereuropéen, notreagriculture tombera aussitôt dans la souffrance;car elle a bien moins d’énergie virtuelle, que dansles temps, où la terresufïisoit aux pâturages de tousles troupeaux, et que dans ceux, où le sol offroit àla charrue plus de terre vierge et féconde.
Les prairies artificielles en effet, telles que lesainfoin et la luzerne , ont fixé momentanémentdu moins la terre des coteaux, et rallenli ses entraî-nemens dans les vallées ; les trèfles, les lurneps ettoutes les racines légumières, soumises à un ordred’assolement sur les jachères, ont donné des res-sources immenses pour la nourriture des bestiaux;et, si un jour enfin , il y avoit dans* notre gouverne-ment un département d’agriculture, il favoriseraitsans doute , de tout son pouvoir et à tout prix lespâturages naturels et artificiels, afin de tendre deplus en plus à un système qui rende les céréalesmoins impérieusement nécessaires, car une'seuleintempérie générale ( nous venons de l’éprouver )peut jeter la France dans la disette ou la fa-