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de dissertation, il suffit de considérer l’élatd’une terre mise en bois depuis vingt-cinq àcinquante ans, et celni d’une terre toujours cul-tivée en blé; dans la première, la multiplicitédes végétaux, y forme et accroît la fertilité ;dans la deuxième, le cours successif des memesmoissons l’épuise et la conduit à la stérilité ;tout l’or du Potose et toute la puissance hu-maine ne peuvent l’en préserver ; la terre épui-sée , se refuse à toute sollicitation ; et dans cecas, on ne peut mieux comparer les efforts del’homme, qu’à ceux d’un enfant à la mamellequi tourmente le sein tari de sa nourrice; laterre, dit Lucrèce, vieillit comme les femmes.
Descicit ut mulier spalio defessa velusto.
Qu’on réfléchisse donc seulement au sort ac-tuel de la malheureuse Bourgogne, privée de-puis quatre ans de moissons et de vendanges,où les incursions de l’ennemi ont ruiné et é-pouvante le cultivateur, et où la grêle vient dedésoler plusieurs fois les plus riches contrées ;qu’on se rappelle encore tous les faits et toutesles alarmes du midi : et, les plus tristes penséesaf fligeront l’âme de tout Français qui est sensibleaux maux de ses concitoyens.
Cependant avec une telle imprévoyance, et