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il est utile à la France de vendre les bois du do-maine.
L’Assemblée constituante avoit électrisé tous lesesprits pour faire rendre à la société, composéedes gens de main-active, tous les biens fonds desgens de main-morte; la philosophie et la nationfrançaise, applaudirent avec transport à ce grandjubilé politique , et elles ne s’en plaindroientpas encore, si cette assemblée eût excepté les bois ;mais, semblable à un médecin qui attache la gué-rison d’une malade illustre, mère d’une nombreusefamille , à la prise d’un remède composé , et quipour faire prendre des plantes amères, d’expé-rience , permet qu’on entoure le vase de subs-tances agréables ; de meme l’Assemblée consti-tuante, pour exciter les ventes des biens arables,crut devoir y joindre des parties de bois qui furentportées, de quotité en quotités, jusqu’à trois centsarpens, et sans en excepter les futaies.
C’est dans ce temps-là meme, que la premièresociété royale d’agriculture de Paris, si digne parles hommes qui la composoient, de fixer l’opinionpublique sur la question générale des forets, pritune délibération remarquable, qu’elle fit présenterà l’Assemblée constituante par une députation ; etsur ce fait, je prie le Lecteur de considérer quecette démarche, pour la cause qui la déterminoit,fut faite contre mon avis.