( 3 2 5 )
Il ne s’agit pas sans doute , ici, des personnes ;je me hâte de le déclarer ; mais seulement deschoses. Et d’ailleurs, en ce qui concerne les per-sonnes , il est presque passé en usage, parmi nous,de décerner des éloges sans fin et sans bornes , àceux qui sont en places, d’oublier ceux qui en sor-tent, et d’en désirer toujours de nouveaux, tantnous avons en antipathie la triste uniformité. LesSuger, les Sully et les Turgot, font à peine des ex-ceptions, au moins pour la cour et la ville. Espéronsenfin que la sage institution du gouvernement re-présentatif, consacré parla Charte constitutionnelle,fera changer de telles idées , qui d’ailleurs ne sontpoint dans le vrai caractère national.
Le plus grand vice des attributions ministé-rielles, dans l’origine, a principalement porté surcelles des ministères de l'intérieur, des finances, etmeme de la marine • on a fait succéder tout-à-coup,en effet., le ministre de l’intérieur , aux attribu-tions qu’avoient en général les intendans , les ad-ministrations des pays d’état, et les assembléesprovinciales, et sur beaucoup de choses , à cellesmeme qu’avoient les parlemens du royaume, pourla haute-police, etc. il a succédé encore aux évê-ques , aux officialités, aux universités, aux col-lèges, et à tous les bureaux de charité, et enfinà'la maison du Roi. Pour porter ou supporter tantde choses, il eut fallu un Hercule ou un Atlas;