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dises que l’on passe d’un lac à l’autre. Là, commence la vallée de Boedelein, qui sépareles deux lacs. Entourée de hautes montagnes qui la préservent des atteintes glacées duvent du nord et qui repoussent dans la plaine la chaleur des rayons que le soleil dardesur leurs flancs, elle jouit d’une température si douce, que la végétation des arbres , lamaturité des fruits y est constamment plus précoce que dans aucune autre campagne dela Suisse .
Tout fait présumer que les lacs de Thun et de Brienz n’avaient autrefois qu’un mêmebassin, et que l’isthme qui les divise aujourd’hui s’est formé des alluvions de la Lütschinen,qui vient du midi, et de celles du Lombach, qui descend entre les rochers du côté du nord.
La nature semble avoir mis un soin particulier à embellir cette fertile plaine. La pelousey est plus fraîche et plus moelleuse, les arbres plus vigoureux et plus touffus, l’air plus puret plus embaumé que dans les campagnes voisines : tout rit à l’imagination comme auxyeux dans cette nouvelle Tempé, où le voyageur, avant de pénétrer dans le vaste sanc-tuaire des Alpes , vient, par un repos salutaire, réparer ses forces et se préparer aux fati-gues de la route difficile qu’il va commencer. •
Aussi l’isthme de Boedelein , qui renferme dans un espace très-circonscrit plusieursparoisses importantes et une foule de maisons et de chalets répandus dans la vallée ouassis sur la croupe des monts , au milieu desquels il se trouve encaissé, est il peut-être lelieu le plus peuplé de la Suisse et le plus fréquenté par les étrangers. On y vient de tousles pays du monde, pendant la belle saison, soit pour y jouir des plaisirs purs et vrais d’unevie promeneuse et toute pastorale, soit pour y réparer sa santé épuisée. L’heureux calmede cette contrée, la vue de l'inaltérable bonheur de ses habitans retrempent lame, donnentau corps une nouvelle énergie, et contribuent, aussi bien que la salubrité de l’air et lespropriétés supérieures de l’excellent petit lait de chèvre que l’on y boit, à opérer chaqueannée des cures merveilleuses. C’est sans doute à tant d’avantages naturels que les indi-gènes doivent la vigueur de leur constitution. Leurs femmes sont remarquables par lafraîcheur et l’éclat de leur teint, la régularité et la délicatesse de leurs traits. On en compteplusieurs de fort belles, et beaucoup de jolies : leur costume est plus élégant que celui despaysannes de la campagne de Berne . Un corset de velours noir ceint leur taille et faitressortir l’éblouissante blancheur de la guimpe qui recouvre leur sein, et celle des largesmanches qu’elles rattachent au-dessus de leur coude. Un jupon, ordinairement bleu ,bordé d’un liseré rouge, laisse voir l’extrémité de leur jambe , fine et bien dessinée. Unfichu jaune ou rouge est noué négligemment autour de leur cou. Leurs beaux cheveux ,généralement blonds , mariés à des rubans noirs, sont réunis en touffe derrière leur tête ,où tombent naturellement en longues tresses jusqu’à terre. Les jeunes filles les portent parti-
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