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en batterie du côté de terre. LesFrançais cherchèrent à débarquertous les .jours, du 4 au 8 septembre,sons la protection de leurs batteries,placées au pied du mont Pilate, del’autre côté du lac; mais ils ne réus-sirent point, et perdirent beaucoupde monde. Le 9, avant le jour, ilspénétrèrent enfin par le côté delerre, et leurs pièces de campagnecurent bientôt nettoyé le plat pays.Les Nidwaldiens se retirèrent surune colline boisce, à une demi-lieuede Stans , où ils avaient deux pièces(le canon. Us défendirent cette po-sition plusieurs heures; mais, lesFrançais ayant réussi à pousser aterre 30 grands bateaux pleins desoldats, pendant que de nouveauxrenforts arrivaient par l’Obwalden ,l’engagement devint, vers le milieudu jour, une mêlée dans laquelletoute la population combattait avecle courage du désespoir. Des famillesentières, hommes, femmes et en-fants, armés de tout ce qui avait puleur tomber sous la main, se firenttuer en résistant courageusement.Cependant la plus grande partie deshabitants s’échappa dans les bois etles montagnes, laissant à peu prèsen quart des leurs sur le champ debataille, parmi lesquels on trouvaW2 femmes et 25 enfants. Plus de110 personnes qui s’étaient retiréesdans l'église de Stans y furent mas-sacrées, ainsi que le prêtre à l'autel,où l’on voit encore le trou de la balle<lui le perça. Plusieurs officiers frnn-fais de la 14c ,q ( i c | a 44e demi-brigade firent les pins grands effortspour mettre fin a cette boucherie,cf sauvèrent beaucoup d’infortunés,aiI, si que les maisons de Stans ; maistomes les habitations éparses, aunombre de 584, furent pillées etbrûlées. Il n’en resta pas une surPmd. Le, général Schauenburg n’en'mposa pas moins une contributiondu 00,000 liv. sur le pays ; maiscotait un désert, et d’ailleurs far-inée elle-même en eut honte après(|ue la première fureur fut passée, etl'Cfusa l'offre que fit le directoire 11 e ! -'(“tique de payer celte somme.
été connue; mais on suppose qu’elles’éleva au moins à 3,000 hommes;s’ils eussent été repoussés le (I com-me les jours précédents, leur situa-tion serait devenue très-périlleuse,tout le pays se préparant à les enve-lopper. « Nous avons perdu beau-coup de monde, écrivait Schauen-burg, par la résistance incroyable deces gens-là; c’est le jour le pluschaud que j’aie jamais vu. »
Toute la Suisse envoya des secoursà ceux qui avaient survécu, et quiautrement auraient péri pendantl’hiver. On fit des souscriptionsabondantes en Angleterre et en Alle magne , et Schauenburg lui-mêmefournit aux habitants 1,200 rationspar jour pendant quelque temps.
Pestalozzi , qui s’est acquis depuistant de célébrité par sa méthoded’éducation, parut dans ce temps-là comme un ange tutélaire envoyépar la Providence au milieu des in-fortunés; il réunit environ 80 en-fants de tout âge, en eut soin com-me leur père, et se consacra à leuréducation.
I, Hôtel-de-Ville (Rathhaus) quirenferme les portraits des Laiulam-manns du Nidwalden , et quelquestableaux de Vürsch, peintre célèbrequi fut massacré par les Français auvillage de Iluochs. L’un de ces ta-bleaux, le plus estimé, représente levénérable Nicolas de Fine au mo-ment où il prend congé de sa nom-breuse famille, pour se rendre dansun ermitage.
Ce fut dans l’Hôtel—de—Ville deStans que se rassembla, en 1481, ladiète des Suisses pour procéder aupartage du butin enlevé aux Bour-guignons, et pour délibérer sur l’ad-mission des villes de Fribourg et deSoleure dans la confédération helvé-tique. Mais à peine furent ils réunisque les querelles les plus violenteséclatèrent entre les députés descantons.
Le bruit de cette discorde cfTrayale pasteur de Stans , Henri Im-grund,citoyen dévoué de rieur au bien desa patrie. H courut dans la solitudedu Kanftlobel , pour annoncer cemalheur au pieux solitaire Nicolas