i370. Mais de nombreux accidentsforcèrent le gouvernement à chcr-cherun autre moyen de communica-tion: comme il était aussi impossi-ble de franchir cette masse que dela déplacer, on prit le parti de lapercer. L’an 1707, un ingénieursuisse , nommé Pierre Moretini, fitrecreuser cette galerie appelée 1 ’Ur-nerlocli, ou le Trou d’Uri. Elleavait alors 64 mèt. de longueur, 3 delargeur et 4 de hauteur. Lors de lareconstruction de la route du Saint- Gothard , elle fut élargie pour li-vrer passage aux voitures. Elle aactuellement 4 mèt. de haut et 5mèt. de large.
Au sortir de cette galerie, le voya-geur entre dans la verte et riantevallée d ’Urseren , peut-être tropvantée. Le village d'Andermatt ,avec ses maisons blanches et sestoits de sapin , fixe agréablementles yeux à peu de distance ; et cefleuve, dont les bonds terribles éton-naient tout à l’heure vos regards,dont les ondes furieuses retentissentencore a vos oreilles , vous le voyezcalme et presque immobile, ser-pentant doucement au milieu desfleurs, et ressemblant de loin, tantscs flots sont paisibles et purs, à unegaze d’argent étendue sur la prai-rie. »
La vallée d ’Vrseren, située à plusde 1,400 mèt.,a 3 lieues de longueuret 15 m. de largeur. Les montagnesqui l’entourent sont, au N., Galens-[ock, Gletscher ou Bilerhorn, Spitzi-nerg, Betzberg, Mutzberg et Teu-lelsberg ; a l'E., Ober-Alpestock ,Ober-Alp, liaduz et Sixmadum; au5., Ponte-Nera ou Peterberg, Cor-nera, Stella, Schipsius, Tritthorn,Gospisberg ou pointe du St-Go-luard, Prosa , Blauberg, Gamsberg,soreccia, St-Gothard , Eieudo, Lu-zendro, Orsino ou pointe d’Urseren ,Huhnereck , Fibia , Wcisshorn, Ra-vina, Narct et Mutthorn; a l’O. ,Inierberg, Furka et Sidli-A lp. Deces montagnes, dont la plupart sontcouvertes de neiges perpétuelles,descendent 8 grands et plusieursnetl| s glaciers. Les premiers sonteeux de la Furka , de Bit'l, Matt,
Krispalt, Ste-Anna, Weissvvasser,Luzendro et Pisciora.
On ignore à quelle époque et parquelle nation la vallée d’Ursrreucommença a être habitée. Tout ceque Ton sait d’une manière po-sitive , c’est qu’en 549 la puis-sante maison Domiliasca étendaitsa domination jusqu’à Urseren ,et qu’au vii e siècle saint Sigebert vint y prêcher i’Evangile . Aprèsavoir fait partie de l’Empire et ap-paitcnu à l’abbave de Dissentis ,celte contrée forma , jusqu’à la ré-volution, une république sous le pa-tronage d’Uri, qui n’y exerçait quele droit d’appellation.—Aujourd’huielle fait, depuis 1803, partie du can-ton d’Uri.
Suivant la tradition populaire,cette vallée n’a pas toujours étéaussi dépourvue de bois qu’elle Testactuellement. Les paysans préten-dent que leurs collines en étaientcouvertes autrefois; mais qu’un puis-sant magicien , demeurant dansquelque lieu plus élevé et moinsagréable, avait été jaloux de leurbonheur; que non-seulement il avaitbrûlé les forêts, mais qu’il avait en-core enchanté le sol de telle ma-nière qu’il a toujours été depuis in-capable d’en produire. Ce magicien,dit Bélène-Maria Williams, ne pou-vait pas leur jouer de plus vilaintour ; car, chez eux, le bois est depremière nécessité. L’hiver dure 8mois; et pendant les 4 autres moisde Tannée, on est presque toujoursobligé de chauffer les poêles.
30 m. A nderm atl ou V rseren ; i ta I.,Orsera — (Aub. : Drei-Kœnitje ;bon fromage et bonne truite rougede l’Ober-Alp), v. par. cath. de 663hab., situé au pied du Gurschen oumontagne deStc-Anne, couverted’nnbeau glacier. Une petite forêt, soi-gneusement entretenue, ne le garan-tit qu’imparfaitement des avalan-ches. Malheureusement, à l’époquede la révolution, les armées ennemiesn’avaient pas respecté cette forêt, etpeut-être un jour A ndermatt devien-dra-t-il la victime de leur impré-voyance. Chaque année voit tomberet périr quelques-unes de ces impur-