yo Voyagé
le fourage sec & rare des montagnes, a plusde force, fournit plus de lait, un lait doux, par-fumé , & d’une suavité aromatique.
Au commencement de l’été, lorsque les neigesdisparaissent de la moyenne région des mon-tagnes, on conduit le bétail fur les Alpes, & ilest soigné par des vachers qu’en Siiiflè onnomme fruitiers ; ces gens y trouvent des établesou chalets, &: des hutes. Ils y portent tout cequi est nécessaire à la manipulation du lait, dubeurre , &: du fromage. Ils en rendent compteau propriétaire du bétail, ou ils lui paient unesomme convenue pour jouir du produit ou fruitde ses troupeaux pendant la belle saison. En gé-néral, pour rendre le fromage plus gras, onne fait point, ou on ne fait que très-peu debeurre fur les Alpes. Le lait, auffi-tôt exprimé,est versé dans la chaudière, ôc soumis à factiondu feu. Journellement j'ai été dans le cas d’enêtre témoin.
Dans le haut Vallais, 8c dans quelquesautres districts de la Suisse , les vaches d'uncanton se menent toutes ensemble &r fans dis-tinction dans les pâturages des Alpes; le fro-mage se fait en commun , & deux fois durant lasaison. Les propriétaires viennent le partager àraison du nombre des vaches qu'ils ont fourniesdans le troupeau de la communauté.