Voyage
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salines qu’elle a ne suffisent pas à fa consom-mation ; la Suisse en tire de la France, de laSavoie, de la Bavière, Sc de l’Etat Vénitien.La France lui en fournit annuellement douzecents tonneaux, à deux fols Sc demi la livre.
Tout le commerce de la Suisse se fait par lesvilles réformées; il est languissant Sc nul dansles villes catholiques, quoiqu’avantageufementsituées. II est comme inconnu à Lucerne, à Fri-bourg, à Soleure. Les Suistes ont des fondsconsidérables en France , en Allemagne, Sc sur-tout en Angleterre.
Observons que le régime de la Suisse a, pro-digieusement, corrigé le vice du sol Sc du climatqui, sous les ducs d’Autriche , n’étoit couvertque de forêts, de marécages, d'arbres aquatiques,de bruyères, d’arbustes Sc de pâturages. Sur cetteterre, entierement sauvage, le bled, les grains,les fruits, Fhortolage y étoient prefqu’entiere-nient inconnus. La chasse, la pêche , Sc le pro-duit des troupeaux y étoient toutes les restourcesdes habitans. La face du pays a changé, quoiquele fol Sc le climat soient restés les mêmes ; elle acommencé à changer du moment qu’ils eurentcommencé à avoir une patrie. Peu dépeuples enont une ; Sc elle existe par-tout où la force pu-blique n’attente point aux propriétés particu-lières; elle existe par-tout où le gouvernement