Voyage
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un demi-siecle, commence à y lire l’Histoireancienne de la Nature; mais ses anecdotes, gra-vées par toute la Terre en caractères indestruc-tibles , & faits pour toutes les Langues, ne sontregardées que comme des songes 2c des chimèrespar le vulgaire qui ne veut ou qui ne peutpoint voirr, ^'tjui se refuse à des idées que sonimagination, trop foi b le & trop rétrécie, nepeut recevoir.
Lans ce pastage qui retentit en moi, commesor l’airain sonore qui frémit encore long - tempsaprès qu’il a été frappé, je voyois avec surprise lessapins & les melescs croître fur le roc nud 2csec, où il n’y a vestige de terre végétale. Quel-quefois, d’un trou circulaire de lìx pouces dediamètre, fur le flanc perpendiculaire d’un ro-cher , sort un sapin de même calibre , qui leremplit exactement. On voit communément delongues chaînes de pareils rocs, ombragés &rrecouverts de sapins. C’est que ces espècesd’arbres, plus particulièrement, ne tirent qu’enpartie leur nourriture du sein & des sucs dela terre. Leurs racines courent sor le roc,s'attachent par leur chevelu aux inégalités quis’y trouvent, Lc sont recouvertes par un peude mouise, alimentée par le limon ou la féculeimperceptible des plantes microscopiques, suc-