Band 
Tome premier.
Seite
141
JPEG-Download
 

en Suisse.

141

ceffivement engendrées , détruites, & régéné-rées. L’humidité que la moufle filtre, &r quelleentretient, l’humidité de l’air, les ejfluvium ouémanations de tous les corps que l’atmospheretient en ditì'olution, 8c qui y nagent disséminées ;voilà d'où ces arbres tirent leur nourriture &cleur chétive existence; car on conçoit bien quece ne font que des arbres rabougris.

Quelquefois , à la vérité, fur une roche dedouze ou quinze pieds de diamètre, tombée dela montagne , on voit surgir de magnifiquessapins , forts , làins , vigoureux, 8c qui résistentau choc des orages. Mais, en y regardant deplus près, on voit que leurs racines, couvertesde moufle, courent fur le roc, le serrent, l'em-brassent , descendent en le suivant jusqu’à laterre , où elles s’enroncent 8c deviennent descanaux qui portent à l'arbre une nourritureabondante, en même-tenrpsqu’ellesl’arc-boutentpuissamment contre l'impulíìon 8c la violencedes vents.

Quant aux sapins qui croissent sur le rocsans moufle 8c fans terre végétale, leurs menuesracines s’inserent dans les gerçures du roc, oùelles font abreuvées d’une certaine humidité.L’atmosphere fait le reste ; 8c pourquoi non ?L’atmosphere n'est-elle pas le grand réservoir,le réceptacle général des écoulemens de toutes