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Tome premier.
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146
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146 Voyage

par laquelle on descend à Vienne. Ce motdérive donc nullement de Durvus ; c’est, aucontraire, celui-ci qui a été mal-adroitementfabrique lur le mot François ; jamais donc ilne put exister dans une inscription romaine.

C’est près de cet endroit intéressant que com-mence la riviere de Byrlè.

A quelques lieues de-là, je me trouvai furla crête du Jura. Là , tout-à-coup &: inopiné-ment , íè présente à mon œil étonné le plusgrand , le plus magnifique , le plus imposantdes spectacles qui l'e sussent offert à moi danstout le cours de mes voyages. Tout m’y retient,tout y enchaîne mes sens, tout y suspend mesfacultés ! Quelle fcene ! un rideau de soixantelieues de montagnes qui frappent le ciel de leurssommets ; soixante lieues de montagnes qui, aucœur de l’été, resplendissent par l‘éclat lereflet des glaces & des neiges qni les revêtent,&c présentent l’alpect de montagnes d’argent. Lavue plane fur la Suisse, la Savoie, l’Allemagne,plonge lur plusieurs lacs, & lur les villes quiles bordent! c’est la Nature en grand : des régionstout entières, des masses dune grandeur inu-sitée, des réservoirs d’eaux immenses, auxquelsles yeux ne font point faits, la perspective simul-tanée de l’hiver & de l’été; Famé flotte entre