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Tome premier.
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en Suisse. íij

Je me trouvai àSaint-Gall un jour de Dimanche.Je voyois les habitans de la campagne, sortisde leurs toits rustiques , arriver à la ville lecimetere, on l’épée à la ceinture. Je revins bientôtde ma surprise, &: je me dis : Chez UN Peuple

PROPRIÉTAIRE, CHF.ZUN PEUPLE LIBRE,TOUS

les hommes sont Nobles : ceuxque je vois ontdroit à cet attribut de la noblesse dont ils fontrevêtus. 11 n’y a qu’une choie qui exclut la no-blesse , c’est la servitude ; & où elle existe, il n’essplus de Nobles. Les Diplômes &r Pancienneté neconstituent pas la nobleslè : fi celui qui a cesprérogatives peut perdre la vie par une com-mission ; fi une lettre particulière peut le priverde la liberté , l’envoyer dans les prisons & l’ydétenir indéfiniment ; si arbitrairement & áchaque instant on peut puiser dans fa boursefans qu’il puisse s’y opposer ; il n r est point Noble tPancienneté de ses titres ne prouve que Pancien-neté de son esclavage, & Pèsolavage exclut essen-tiellement la noblesse. Sous le-despote, il y a des"Ducs, des Marquis, ôí point de Nobles î

Grand nombre d’entre ses paysannes avoisntfur la tête une couronne à laquelle étoientjenlacésquatre gros œillets rouges, ce qui leur donnoitun air aussi gâtant que champêtre.

Les habitans de PEtat de Saint-Gall ne sontassujettis á aucune imposition. La dîme : voilàtoutes leurs redevances , c’est la feule qui devroitexister par-tout.

Tome jL

Pi *