Band 
Tome premier.
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228
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V O V A Œ E

lit

APPENZEL.

En sortant de Saint-Gall, je me munis d’unguide. S’engager, fans ce secours, non dans desroutes, mais dans des sentiers qui se réunissent,se croisent, se bifurquent, se multiplient, dis—parodient quelquefois dans les roches, fur lescailloux, ou fur la pelouse, ce seroit témérité:autant vaudroit s’engager dans le labyrinthe deCrete fans le fil d’Ariane.

J’avois vu avec surprise la multitude d’habi-tations disséminées fur les montagnes aux ap~proches de S. Gall ; mon étonnement redoubla&: fut à son comble lorsque j’eus débouché dansle Canton d’Appenzel. Dans des lieux qui ne font,susceptibles d’aucune culture, dans une immensevallée où on ne recueille ni bled, ni vin, nilégumes, ni orge, ni seigle, ni avoine, ni fruits ;où le fol ne donne ni chanvre, ni lin, ni huile,ni même de pommes de terre : dans ces lieuxsauvages, que la Nature avoit voués à la déser-tion & à la solitude, quelle espèce de prodigede voir les montagnes chargées jusqu’au sommetde maisons qui paroissent ne former qu’un villagefans fin & continu, tant elles font voisines tkrapprochées les unes des autres !