Band 
Tome second.
Seite
215
JPEG-Download
 

E N S U I S S E. Lis

énorme, formée par l’écroulement d’une mon-tagne , fur les débris de laquelle Je m’élevai.L’immensité des malles qui m’environnoient detoutes parts m’empêchoient de distinguer de nom-breux troupeaux de grand bétail qui paístcit furune côte voisine, Sc qu’au premier coup d’œilon eût pris pour des compagnies de perdrix. Acôté de ces gigantesques décombres, & fur lehaut, il reste fur pied une masse de pierre isolée,de forme quarrée, Sc d’environ six cents piedsde haut, qui représente assez bien une tour co-lossale terminée en terrasse.

Arrivé à la crête de la breche, la fcene changea.A gauche, J’avois les immenses chaînes des AlpesRhétiennes, chargées de neiges auffi anciennesque le monde, Sc des cascades de quatre à cinqmille pieds : devant moi j’avois les profondeurseffrayantes de la vallée , qui fe termine aux bordsde la Retiss, dans le Canton d’Uri. Les montagnesdu Canton d’Undervald formoient le fond datableau, spectacle qui m'émut 1

En quittant la grande vallée de Claris, j’igno-rois avoir un désert de neuf lieues à traverserdans le cœur des Alpes, fans trouver une habi-tation , Sc je marchai la journée entiere fan»prendre aucun rafraîchissement, ni aucun repos.-La satisfaction que j’éprouvois au milieu de ce»solitudes étoit d’y marcher avec une pleine 8c

04