Band 
Tome second.
Seite
220
JPEG-Download
 

V O Y A 6 «

2 * 2 . 0 '

> t* *

Suite, de lu Vtllée qui conduit k Âltorf.

Éóiirg d’Àltôrf.

Je partis fort satisfait de me voir débarrastéd’un concert nocturne qui ne m'avoit pointamusé. Je descendis Fespace environ de quatrelieues, fur le flanc de la vallée, par un sentiertrès-difficile. Le fond de cette vallée n’a de lar-geur que celle de la riviere qui y coule : lesBergers ont leurs habitations fur le penchant dela montagne, qui est très-rapide, d’espacesen espaces, j’avois fous les yeux des cascades quiíe font remarquer, soit par le volume de leurseaux, soit par la hauteur dont elles tombent,soit par la variété de leurs formes.

Je reconnus, non fans quelqu’émotion , lacordialité des habitans de ces montagnes : étran-ger, inconnu, quelques-uns d'eux, en passant,fans proférer une parole, me prenoient la main,& la íerroient dans la leur. Heureux, me suis-jedit, les hommes, dont les institutions n'ont pointdépravé les mœurs; leur cœur, ouvert à toutesles vertus, ne respire que l’ordre & l’humanité !Un Gouvernement fondé sur des loix sages>rapproche les hommes ; le Gouvernement arbi-traire les isole, même dans leurs familles 1