V O Y A G E
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& les alarmes de son pere ! Avec plus d’intérêtencore, cherchai-je l’endroit où Guillaume Tell,interrogé par le Bailli, fur l’ufage de fa secondeflèche! Barbare, s’écria-t-il, celle-ci t’étoit des-tinée , si la premiere eût atteint mon fils !
C’est fur la place du marché d’Altorf, qu’aumilieu d’un peuple immense, témoin de l’exécu-tion des ordres barbares du Gouverneur, Guil-laume Tell décocha le trait qui, d’une distanceassez considérable, enleva la pomme placée furla tête de son fils chéri, aux acclamations detout le peuple !
La belle tour isolée qui s’éleve fur la place,est construite à l’endroit même où fut plantéela perche à laquelle fut attaché le fils de Guil-laume Tell, victime innocente du despotismecriminel, également farouche & extravagant duBailli Gefsler. Les peintures d’une des faces de latour retracent encore aux yeux du peuple cettefcene fameuse dont nous avons présenté l’efquistedans l’Introduction. Sur une autre face de latour, on voit Guillaume Tell à l’instant où,après s’être élancé de la barque, il la repoussedu pied au milieu des flots : &c dans un troisièmetableau, le Bailli tombe mort fous le trait quelui décoche l’intrépide Nautonnier. Les peinturesen font assez bonnes, & on a foin lans doutede les renouvelles, car elles me parurent très-fraîches.