Voyage
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connoiiïance, bien moins de sentiment, qu’iln’yen a dans la classe de plusieurs espèces de brutes.
Les Crétins ne font point malheureux, puisqueleurs facultés font éteintes, & qu’ils ne sententpas. Dans les familles, ils font bien soignés ; ilsfont même respectés. On les y regarde commedes prédestinés, préservés du péché, & commedes anges tutélaires.
Si on excepte le petit espace qui forme le che-vet de la vallée, plus on s’éleve dans le Vallais,plus les Crétins se multiplient ; c’est dans le Haut-Vallais qu’ils te trouvent en plus grand nombre.II y en a moins dans le Las-Vallais, cette espèces’éteint à Saint - Maurice ; au - dessous de cetteville, il est rare d’en trouver; &r à l’extrémitédu Vallais, près du lac de Genève, st ne s’entrouve plus.
Après avoir observé, sur les lieux, les Crétins,comme Naturaliste , je les ai examinés commePhysicien. Je me fuis demandé quelles causesgénérales avoient pu influer jusqu’à un tel pointsur l’espèce ? quelles causes ou quel enchaîne-men t de causes avoient pu y introduireune dégra-dation aussi marquée ? Je trouve ces causes pres-que toutes dans le local, dans le physique mêmedu pays : èc comme il n’existe de Crétins qu’auVallais, le Vallais aussi est le seul pays au mondequi offre un concours de circonstances tel quecelui que je vais exposer.