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Tome second.
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Voyage

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TRAJET DE LEUCK A SION.

L’auberge où je descendis à Leuck, quoiquela meilleure del’endroit, présentoir, de toutesparts, une mal-propreté révoltante. Un dégoûtabsolu en fut la suite, &■ je ne soupai point.Je ne dormis pas davantage ; &r, à quatre heuresdu matin, quoique le jour ne fût point venu(c’étoit à la fin de Septembre), je quittai cegîte détestable, & tels qu’ils le font dans presquetout le Vallais.

Au sortir de la Ville, la nuit n’étoit pointassez sombre pour que je ne pusse reconnoîtreque je marchois sous un berceau de vignes ; &r,le jour venu , je vis avec surprise le raisin mû-riíïant sur la vigne étendue est espaliers le longdu grand chemin, 8c fur le grand chemin même.Peuple bon, Peuple juste, me suis-je dit, outu plantas ces fruits pour futilité du passant, 8cquelle n'est point ton humanité ! ou tu les cul-tivas , ces ceps, pour en récolter le fruit, 8calors quel respect en ces lieux pour la pro-priété !

Dans les villages qui sont au-delà de Leuck,on commence à entendre parler François : plushaut, 8c jusqu’à l’extrémité du Vallais, c’estl'AIlemand.