Band 
Tome second.
Seite
310
JPEG-Download
 

5io

V O Y A ® F.

C’cst dans le baillage (i) de Morges qu’est engrande partie le district: qui produit les vins dela Côte qui f'onttrès-renommés : le reste est dansle baillage d’Aubonne , petite ville íìtuée à troisquarts de lieue du lac de Genève. Le célébrévoyageur Tavernier , qui avoit acquis de fortgrandes richeíTes dans ses voyages par le com-merce des pierreries , voulut, malgré les invita-tions de Louis XIV , íe fixer dans un pays oùla fortune qu’il avoit acquise fut à lui; Lc ilacheta, en 1670, la baronie d’Aubonne, quipassa à la République de Berne, en 1701 , aprèsavoir appartenu quelque temps au Marquis duQuefne, fils du fameux du Queíne, l’un des plusgrands hommes de mer que l’Europe ait vunaître.

C’est entre Morges & Lausanne, que, dans unde mes précédens voyages en Suisse, je vis unmonument d’une espèce qui m’étoit inconnue.

(1) L’Académie écrit bailliage, mais très-abusivement;& cette orthographe est vicieuse. Au milieu, ou à la fin dumot, les deux //, précédées de l’i, se mouillent; dès-lors lesecond i est redondant. On écrit mouillage, grillage, treillage,carillon, étriller, &c. On doit écrire de même le mot baillage,sans ajouter un second i. Si on objectoit que ce second i estpour indiquer qu’il dérive de bailli, je répondrai qu’il faudroitdonc écrire auffi nojlre, vojlrc, escrire, qui dérivent de nojler,■vefler, scribere , & tant d’autres , où la considération del’étymologie est depuis long-temps rejetée.