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Tome second.
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Voyage

z 2.8

avoient soutenu la République sur le penchantde sa ruine ; à cette époque , de nombreusesfamilles, quantité de maisons opulentes , desmilliers de Citoyens vertueux, qui ne voulurentpoint survivre , dans leurs foyers , à la sub-version de leur constitution , s’expatrierent, &porterent, à Constance, à Bruxelles, en Irlande,à Carouge , à Lyon , &: dans les Colonies An-gloises, leur industrie &r leurs Capitaux ; &r cetteCité si florissante par son commerce, son industrie,sa richesse , &: sa population, ressembla tout-à-coup à un arbre que la gelée d’une nuit adépouillé de son feuillage !

Le singulier, le scandaleux présent, que celuide quinze pieces de canon , tirées dè l’Arsenal ,à cette époque , par les Magistrats, & distribuéesíiux Ministres des trois Puissances !

Des arrangemens dictés & maintenus par laforce , ne pouvoient produire à Genève quele calme de la servitude ; ils concentroient lahaine dans les cœurs , ils brisoient tous les res-iòrts dç Pindustrie & des talens , ils chassoientde ses murs le commerce & les arts, portoientle coup mortel à la Patrie. L’Aristocratie, dans uneRépublique fans territoire, l’Aristocratie concen-*çrée dans l’enceinte d’une ville, pese lans cesse sui-les Citoyens ; elle devient bientôt odieuse , ty=r&nnique , insupportable, & finit par y détruire